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Samedi …, Lucia Picaro nous a rejoints. Des retrouvailles très émouvantes d’une part et l’occasion d’un second souffle pour ceux qui ont encore le sentiment angoissant d’être au milieu de nulle part. Nous sommes à la moitié de notre voyage et un temps de partage, hier soir, fut bien nécessaire, pour recevoir les nombreuses impressions enthousiastes, mais aussi écouter dans le respect de chacun les difficultés pas évidentes à surmonter ou les légitimes coups de blues de certains. Voilà, tout est à nouveau en place pour que la vie à Guélackh puisse se poursuivre, mais au ralenti pour tout le monde (sénégalais et belges) tellement la chaleur est (très anormalement) étouffante (+/-40°). C’est au point que certains animaux en meurent (4 poules, un chevreau). Mais rassurez-vous, même si pour certains ces conditions sont difficiles tout le monde va bien en adaptant son rythme, son alimentation, ses activités au contexte. Là aussi c’est une belle expérience de vie pour nous européens sans cesse dans l’action, la productivité et (oserai-je ? …oui, je l’ose !) les compétences à tout prix (voilà, je l’ai dit !). Cette inactivité forcée nous oblige à être simplement là sous le toit de paille au centre du village d’accueil ou à l’ombre d’un arbre, à parler avec Cheick Oumar, le teinturier malien qui travaille avec Fatou ou encore avec Mamadou, stagiaire à Guélackh et qui envisage de développer son propre petit élevage, dans son village (nous réfléchissons à pouvoir peut-être tous ensemble le parrainer dans son projet), ou avec Jack le génial responsable de l’animation, de l’internat, de l’économat orienté vers l’école et également en charge de la comptabilité générale, ou encore avec Sadam qui aime ranger les livres que nous avons apportés dans la bibliothèque… D’autres comme Sarah, Emily, Denisse, Bastien, Aurore et … assistent dès 8 heures à la traite des animaux. Ce qui a valu une piqûre de guêpe à Aurore. Antoine, Michel, Emily et Grégoire ont aidé à plumer une vingtaine de poulets qui seront mangés ce soir avec un groupe international d’une trentaine de personnes qui viennent passer une nuit à Guélackh. Pour les accueillir et leur faire de la place, nous avons aidé à monter des tentes peuls à proximité de nos bâtiments, nous avons déblayé notre matériel d’animation et donner à Jack tout le matériel que nous avions apporté (les 23 kilos de bagages par jeune). Le chantier de l’extension de la fromagerie avance bien. Le toit en tôle pourra être placé aujourd’hui et nous continuerons à la pelle et la brouette, le remblaiement sur lequel sera coulé le ciment. Il nous restera à crépir et peindre la façade… Inchalah ! Après de nombreux efforts, des heures de travail astucieux, de marche avant puis arrière, le camion a enfin été désensablé et a pu faire cent mètres vers la sortie du village pour là, s’y ré-ensablé. Mais pas de problèmes, il n’y a que des solutions ! Et là où nous aurions perdu notre latin (n’est-ce pas MmeGabric !) là où nous n’aurions pu contenir un juron ou l’autre, il garde le sourire et semble penser que cela ira mieux demain… Inchalah ! « Il ne faut pas brûler les étapes » nous rappelle avec malice Doudou. Ce matin après une nuit encore bercée par les rires et les chants de la soirée passée avec nos jeunes amis sénégalais de l’internat, tout le monde sort petit à petit de sa tanière. Peter et Mr Vdb mettent à mal la position assez dominante des hommes en faisant à deux la grande vaisselle du soir qui n’avait pu être réalisée pour cause de coupure de courant. C’est à nouveau cela l’échange des cultures et les grandes questions qu’il soulève ! Michel pense à changer de sujet de macro-compétence suite à l’expérience vécue, Sarah questionne tous azimuts sur l’enfance, Leslie parvient intelligemment à proposer un débat général sur le mariage, Eugénie est sollicitée par Djénabah pour venir assister, à la case de santé à l’examen d’une femme enceinte de 8 mois… Tout cela c’est de l’apprentissage sur le terrain qu’ils ne seront pas prêts d’oublier ! Yoann pratique le jeune pour son bien mais il l’entrecoupe de victuailles emportées de Belgique (Chacun son truc !) et il partage ses repas ensachés à l’européenne avec Antoine qui pense mieux découvrir la cuisine locale en y rajoutant le contenu de ces berlingots de pâtes made in Belgium ! Sur le chapitre nourriture les choses restent réellement difficiles pour Pauline qui accepte avec résignation nos remèdes pour soulager son estomac. Mais dans l’ensemble tout le monde trouve la cuisine super bonne. Cet après-midi, nous irons découvrir les travaux d’irrigation entamés au mois d’août et qui ont permis de développer une nouvelle activité rizicole (nous vous en reparlerons !) dont nous avons été les premiers à goûter le fruit de la toute première récole : un délice ! Demain…Incahlah nous irons à la réserve naturelle, de la Langue de barbaries et lundi nous achèverons le travail d’animation à l’école primaire, le matin et visiterons la ville de St. Louis, l’après-midi. Bref un beau programme avant le retour sur Dakar mardi matin. …A suivre…
De la brousse profonde où se situe Guélackh, il nous est impossible de vous donner des nouvelles quotidiennes, voici donc la suite de nos aventures. Samedi soir après un délicieux repas aux poulets, occis le matin même, nous sommes partis à une dizaine avec Djénaba (femme de Doudou et infirmière de la case de santé) pour rencontrer le responsable du centre de santé de Rao. L’objectif était de lui remettre une partie des médicaments que nous avions récoltés (ils sont tellement chers pour la population d’ici). Nous y avons également rencontré la sage femme et tout en visitant la maternité et le centre, ils nous ont parlé de leur travail quotidien, de leurs besoins et des difficultés principales. Le fait de ne pas disposer d’un véhicule pour évacué les cas plus sérieux vers ST. Louis (30 km) représente la plus grande de leur frustration car ce manque est à la base d’une importante mortalité contre laquelle ils se sentent complètement démunis. Il faudrait également 3 lits permettant une petite hospitalisation dans de bonnes conditions et 2 tables d’accouchement. Mais Leslie, Sarah, Emilie, Denisse… vous en reparlerons dès notre retour car nous avons très envie de pouvoir leur venir en aide… Hier matin, samedi, nous avons donné un gros coup aux travaux d’extension de la fromagerie (la toiture, l’achèvement de la maçonnerie et la préparation de la chape au sol) pendant qu’un autre groupe est parti à la quincaillerie de Rao pour faire les achats de peinture qui permettront à Alexandre et Emilie de décorer la nouvelle façade après que celle-ci soit crépie ce matin. Sous la conduite de Lucia, un groupe a continué l’aménagement de la bibliothèque, y recevant les enfants ravis de s’entendre raconter les histoires des nouveaux livres que nous avions emportés (Merci l’Ecole des Loisirs et la Librairie Molière !) Hier après-midi, nous avons tous embarqués, avec les jeunes de l’internat de Guélackh, sur le plateau du gros camion de 1971 piloté par Abdoulai, superbe personnalité et mécanicien hors paire, à l’allure évocatrice d’un personnage du film de la « Case de l’oncle Tom ». Pierre pour qui ce camion évoque le matériel militaire qu’il connait très bien est aux anges et nous fait le cadeau du récit de tout ce qu’il sait en cette matière. Destination la Langue de Barbarie, réserve naturelle, paradis des oiseaux. Grâce à la gentillesse du conservateur et à leur souhait de nous sensibiliser aux actuelles menaces qui mettent ce site unique et les populations qui l’habitent en grand danger (pollution, travaux irresponsables, tourisme mal géré, réchauffement climatique…) nous avons bénéficié d’une importante réduction !. Nous vous en reparlerons… A bord d’une grande pirogue nous avons pu approcher de tout près de nombreuses espèces et entre autre les pélicans. Tout ceci pour le plus grand plaisir de tous et surtout de Bastien, le photographe « professionnel » du groupe. Nous avons également découvert que nos amis sénégalais de Guélackh craignaient l’eau, ne sachant pas nager. Nous avons repris le camion à la nuit tombante pour, mais le retour ne fut pas sans soucis. D’abord le blocage des freins, puis la surchauffe du moteur en plein milieu de la brousse. Tout de suite, des gens d’un village avoisinant ont proposé de nous héberger (C’est çà, l’Afrique : ils n’ont pas grand-chose et partage tout de suite tout avec « l’étranger ». « L’étranger est un ami que je ne connais pas encore ! »). Nous avons marché dans le noir pendant une heure pour rejoindre à pied le village (nombreux ont soufferts des épines d’acacias dans le sable, n’ayant aux pieds que des tongs. Ils sont courageux !). Nous avons rejoint Guélackh à 10 heures, affamés et crevés. Mais ceci n’a pas empêché certains de prolonger la soirée avec les jeunes d’ici. (La rencontre et l’échange sont aussi un des objectifs importants de ce projet) Ce matin, lundi, la plupart d’entre nous retournent à l’école primaire pour y donner les dernières animations sous la direction de Lucia (masques, kamisibaï, peinture, expression corporelle et jeux coopératifs avec le parachute) pendant que d’autres iront avec Mr. Vdb achever le crépi avant la peinture murale d’Alexandre et d’Emilie. Ensuite, cet après-midi, nous partons visiter St. Louis avant de vivre notre dernière soirée (déjà… !) à Guélackh. Nous y partagerons à la population d’ici tout ce qui a été préparé au cours de Techniques d’expression et qui nous permet de présenter notre pays d’une manière imagée. Et puis demain matin, les bagages, l’au revoir à ces superbes personnes rencontrées ici, le trajet vers la route, l’embarquement dans le « car » et les 7 à 8 heures de route vers Dakar. Mais avant cela, encore quelques nouvelles des activités de ce matin. Nous nous sommes divisés en 2 groupes. L’un, le plus important, sous la houlette de Lucia Picaro et de Vanessa, est retourné comme prévu à l’école primaire pour y réaliser les 4 ateliers programmés. Toujours sous la chaleur, avec les difficultés dues au langage, Clémence, Alexandre, Séverine, Pierre, Yoann, Bastien, Emilie, Emily, Denisse, Michel, Antoine, Sarah, Andy, Eugénie, Aurore et Leslie ont réalisé un très beau travail. Tous les enfants portaient leurs masques fabriqués, leurs silhouettes découpées et colorées ont été affichées aux murs de la classe, des jeux de coopérations ont rassemblés les enfants en cercle, Yoann a sorti sa guitare, tout de suite entouré d’un dizaine d’enfants réjouis, Sarah a participé aux danses africaines improvisées par les filles et rythmées par les percussions sur un sceau retourné, Bastien a profité d’une carte du monde pour leur expliquer d’où venaient Denisse et Emily… Les institutrices enthousiastes demandent qu’on les aide à pouvoir reproduire toutes ces activités avec les enfants quand nous serons partis. Pendant ce temps d’autres sont partis avec Doudou à Rao pour acheter de la peinture afin que l’on puisse mettre en couleur les portes et volets en bois brut. C’est un bleu provençal qui a été choisi. Alexandre assisté de Clémence a reproduit ses croquis sur les murs de la laiterie : une chèvre, la traite d’une vache par un éleveur peul. Nous avons appelé Alexandre le Miguel Angelo de Guélackh. Voilà une belle trace artistique de notre passage. Ensuite, le repas et le départ (toujours avec les imprévus causés par les défaillances des véhicules…mais pas de…il n’y a que des…!) vers St. Louis. Arrivés là bas, quel contraste avec les rapports entretenus avec la population de Guélackh ! Nous n’avons pas pu éviter l’expérience du groupe de blancs, donc riches, donc acheteurs à tout prix de l’artisanat pro(im)posé par les marchands de rues. Là aussi, une expérience difficile à vivre, mais aussi riche car faisant partie d’une autre réalité faisant intervenir préjugés et représentations ! Nous avons décidé de faire la visite en 3 calèches ce qui nous permettait de faire un large tour de la ville, commenté par un très chouette guide. Mais retour à Guélackh à nouveau perturbé par une crevaison. Arrivé au village, Fatou et Djénaba nous avaient préparé des frites ! Quelle belle récompense pour des belges en pleine brousse ! Merci à elles, toujours attentives à notre bien-être, malgré leur travail quotidien déjà bien lourd. Une dernière nuit qui fut mouvementée pour Jack et Awa sa femme puisqu’ils ont dû se rendre à l’hôpital de St. Louis pour mettre au monde leur premier enfant… Levé pour nous à 7 heures afin de pouvoir boucler nos bagages, nettoyer et ranger les cases, faire les derniers achats à l’atelier de tissus de Fatou, distribuer le matériel d’animation aux institutrices de l’école, remplir le « livre d’or » et surtout se préparer à se quitter. N’ayant plus qu’un véhicule de libre, Doudou a fait 6 fois la route jusqu’à Rao pour amener les bagages et ensuite le groupe à la route. Fodé nous y attendait avec le vieux Mercédes qui nous a conduits, en 7 heures (240 km), à Dakar. Les adieux à nos amis de Guélackh en bord de routes furent plein de larmes pour certains qui avaient noués de très forts contacts d’amitié qu’ils comptent bien prolongés. On vous en reparlera comme nous vous transmettrons les dernières infos. A suivre… |